• L'immensité de Dieu

    L'immensité de Dieu, dans l'exiguité de ma cellule

    Pour celui qui a une âme assoiffée d'horizons infinis...

    Pour celui qui a une âme assoiffée d'horizons infinis, ceux de la terre ne lui suffisent pas : ils l'étouffent, il n'y a pas de monde assez grand pour lui, et il ne trouve ce qu'il cherche que dans la grandeur et l'immensité de Dieu.

    Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol
    Écrits spirituels, 15/12/1936 (trad.  Cerf 2008, p. 271)
     

    Le Fils de Dieu rejette la tentation d'autres voies et obéit à la volonté de son Père

    Moi aussi, quand j'étais dans le monde, je courais quelquefois sur les routes de l'Espagne, ravi de faire monter le compteur de la voiture à 90 kilomètres à l'heure : quelle bêtise ! Quand je me suis aperçu qu'il n'y avait plus d'horizon, j'ai subi la déception de celui qui possède la liberté de ce monde, car la terre est petite, et on en fait vite le tour.
    Des horizons petits et limités entourent l'homme. Pour celui qui a une âme assoiffée d'horizons infinis, ceux de la terre ne lui suffisent pas : ils l'étouffent, il n'y a pas de monde assez grand pour lui, et il ne trouve ce qu'il cherche que dans la grandeur et l'immensité de Dieu. Hommes libres qui parcourez la planète, je n'envie pas votre vie en ce monde ; enfermé dans un couvent et aux pieds du crucifix, j'ai une liberté infinie, j'ai un ciel, j'ai Dieu. Quelle chance si grande que d'avoir un cœur amoureux de lui !...

    Pauvre frère Raphaël !...  Continue à attendre, continue à espérer avec cette douce sérénité qui donne l'espérance certaine ; reste immobile, cloué, prisonnier de ton Dieu au pied de son tabernacle. Écoute au loin le vacarme que font les hommes qui goûtent les jours brefs de leur liberté dans le monde ; écoute au loin leurs voix, leurs rires, leurs pleurs, leurs guerres. Écoute et médite un moment ; médite en un Dieu infini, dans le
    Dieu qui a fait le ciel et la terre et les hommes, le Maître absolu des cieux et de la terre, des fleuves et des mers ; en celui qui en un instant, seulement en le voulant, a fait sortir du néant tout ce qui existe.

    Médite un moment en la vie du Christ, et tu verras qu'en elle il n'y a ni libertés, ni bruit, ni éclats de voix ; tu verras le Fils de Dieu soumis à l'homme ; tu verras Jésus obéissant, soumis et qui, dans une paix sereine, a pour loi de sa vie seulement d'accomplir la volonté de son Père.
    Et finalement, contemple le Christ cloué sur la croix. A quoi bon parler de libertés ?