• L'homme "fort"

    « Ce sont les malades qui ont besoin de médecin »

    Il y a des hommes forts...qui mettent leur confiance dans leur propre justice. Ils prétendent, en effet, être justes par eux-mêmes, et se considérant comme des gens bien portants, ils ont refusé le remède et ont mis à mort le médecin lui-même. Aussi bien, ce ne sont pas ces hommes forts que le Seigneur est venu appeler, mais les faibles...

    Ah, vous les forts qui n'avez pas besoin de médecin ! Votre force ne vient pas de la santé mais de la folie... Le Maître de l'humilité, qui a partagé notre faiblesse et nous a rendus participants de sa divinité, est descendu du ciel pour nous montrer le chemin et être lui-même notre chemin. Surtout il a bien voulu nous laisser l'exemple de son humilité...afin de nous apprendre à confesser nos péchés, à devenir humbles pour devenir forts et à faire nôtre cette parole de l'apôtre Paul : « Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2Co 12,10)...

    Quant à ceux qui se sont flattés d'être forts, qui ont, en d'autres termes, prétendu être justes par leur propre vertu, ils ont « buté contre la pierre d'achoppement » (Rm 9,32)... Ce sont ces hommes forts qui se sont jetés sur le Christ en se vantant de leur justice... Ils s'étaient mis au-dessus de la foule des faibles qui accouraient vers le médecin. Pourquoi ? Simplement parce qu'ils se croyaient forts... Ils ont tué le médecin de tous les hommes. Mais lui, dans sa mort, a préparé pour tous les malades un remède avec son sang.

    Saint Augustin (354-430),
    évêque d'Hippone (Afrique du Nord)
    et docteur de l'Église 

    Les Discours sur les psaumes, Ps 58, 1,7 ;
    CCL 39, 733-734 (trad. cf Delhougne, Les Pères commentent, p.106)